← Carte des connaissances
Fondamental EauSanté

Purification de l'eau — Distillation solaire et sous vide

Comment l'eau contaminée ou salée devient de l'eau potable par évaporation — de l'alambic solaire à la distillation sous vide industrielle.

Purification de l'eau — Distillation solaire et sous vide — illustration
Difficultédébutant (alambic solaire) → avancé (distillateur sous vide)
Tempsalambic solaire : quelques heures d'assemblage ; distillateur sous vide : 1-2 week-ends
Coûtalambic solaire : presque rien (feuille de plastique) ; distillateur sous vide : environ 60 à 300 $ selon les pièces

Qu'est-ce que c'est ?

Méthodes pour transformer l'eau que vous avez déjà — mais qui est contaminée, salée ou chargée de pathogènes — en eau potable propre par évaporation et condensation. (Il ne s'agit pas d'obtenir de l'eau — pour cela, voir Récupération de la rosée et Filet anti-brouillard — mais de purifier l'eau que vous avez.)

À quoi ça sert ?

Selon le Programme commun de suivi OMS/UNICEF, environ 2 milliards de personnes dans le monde n'ont pas accès à de l'eau potable gérée en toute sécurité — souvent parce que l'eau disponible est contaminée ou salée, et non parce qu'il n'y a pas d'eau à proximité. La distillation résout exactement ce problème : elle produit un distillat propre à partir de n'importe quelle source d'eau (eau de mer, eau de surface polluée, même l'urine).

La physique derrière tout ça

Lorsque l'eau est chauffée jusqu'à son point d'ébullition, elle se transforme en vapeur, mais les sels dissous, les pathogènes et la plupart des contaminants ne s'évaporent pas avec elle — ils restent dans la phase liquide. La condensation de la vapeur sur une surface séparée et plus froide produit de l'eau propre.

L'astuce de la distillation sous vide découle de la relation de Clausius–Clapeyron : le point d'ébullition de l'eau dépend de la pression ambiante — plus la pression est basse, plus la température à laquelle l'eau bout est basse. À environ 0,1 atmosphère (environ 10 kPa), l'eau bout à ~45-46 °C (113–115 °F) au lieu de 100 °C (212 °F). Cela réduit drastiquement l'énergie requise — en échange, vous avez besoin d'une pompe à vide et d'un système hermétique.

Histoire

Le principe de la distillation est ancien : Aristote (IVe siècle av. J.-C.) décrivait déjà la désalinisation basée sur l'évaporation. Les alchimistes arabes médiévaux ont perfectionné l'appareil de distillation (l'alambic), l'ancêtre de l'équipement de distillation actuel.

Version simple

L'alambic solaire. Creusez une fosse, placez de la terre humide ou de la végétation au fond (ou de l'eau contaminée dans un récipient), couvrez la fosse avec une feuille de plastique transparente et placez une pierre en son centre afin que le film s'incline vers un point unique. Le soleil chauffe la fosse, l'humidité s'évapore, se condense sur la face inférieure du film, et la pente la fait s'écouler dans un récipient de collecte placé au centre. Son rendement quotidien est faible (environ 1 litre/jour), mais il ne nécessite aucune consommation d'énergie et peut être construit à partir de rien d'autre que des matériaux.

Version avancée

L'efficacité de l'alambic solaire peut être augmentée avec une plus grande surface de collecte, un double vitrage (isolation thermique) et une isolation du bassin. Une autre direction : un alambic à petite échelle chauffé au combustible (une simple construction de type "pot still" avec un serpentin de condenseur) — rendement plus élevé, mais nécessitant désormais un apport énergétique.

Version industrielle

À l'échelle industrielle, la distillation sous vide (distillation flash multi-étages, distillation multi-effets sous vide) est l'un des procédés de dessalement standard — grâce au point d'ébullition plus bas, elle nécessite beaucoup moins d'énergie que la distillation atmosphérique. Comme alternative, l'osmose inverse est une solution non thermique basée sur des membranes — il est à noter qu'il s'agit d'une méthode fondamentalement différente, et non d'un perfectionnement de la distillation.

Construire le vôtre

La configuration de base d'un distillateur sous vide domestique : un réservoir scellé et chauffable (le "côté chaudière"), une pompe à vide connectée à celui-ci (même une simple pompe à diaphragme ou un aspirateur suffit pour un vide partiel), et un serpentin de condenseur où la vapeur se refroidit pour redevenir liquide. Le point critique est l'étanchéité — si de l'air s'infiltre, le vide est perdu et le système revient au point d'ébullition atmosphérique.

(Ceci est une description de conception/référence — la construction réelle, les mesures et la documentation sur l'efficacité sont encore à venir. Une fois terminés, le journal de construction réel, les photos et les données de mesure seront placés ici — c'est ce qui fait la différence de la "Preuve de Connaissance" par rapport à une simple rédaction.)

Erreurs courantes

  • Alambic solaire : le film n'est pas scellé hermétiquement ; un mauvais angle de pente qui laisse l'eau condensée s'égoutter dans la fosse au lieu du récipient de collecte ; sans film résistant aux UV, la feuille se fissure en quelques semaines
  • Distillateur sous vide : mauvaise étanchéité (l'air qui s'infiltre annule le vide) ; recontamination du distillat par des tuyaux mal nettoyés ; sous-estimation de la demande énergétique (la consommation électrique propre de la pompe à vide)

Comment mesurer

Compteur TDS (teneur en solides dissous, ppm), mesure de la conductivité électrique, un simple test de pH, bandelettes de test rapide microbiologiques (présence de pathogènes), et mesure du rendement d'évaporation/condensation (ml par m² de surface par jour).

Vidéos

(TODO)

PDF téléchargeable

(TODO)

Sources

  1. Programme commun de suivi OMS/UNICEF (2023) — estimation de l'accès à l'eau potable gérée en toute sécurité
  2. Relation de Clausius–Clapeyron — dépendance du point d'ébullition à la pression